Cette page reprend le chapitre précédent, la répétition étant la base de l'enseignement.
Le chiffrement repose essentiellement sur deux éléments complémentaires:
Le «chiffre» plus souvent appelé «la cryptographie» permet ces choses fondamentales dans une relation de confiance:
Tous ces points devraient être assurés lors de l'échange de données privées, dont le plus bel exemple est une transaction monétaire à travers le bouge qu'est l'internet.
Le principe de base repose sur deux composants essentiels:
Ici la même clé sert à chiffrer et déchiffrer, ce qui sous-entend que les deux parties disposent en secret de la même clé. Ceci, sous réserve que le secret entourant la clé n'ait pas fuité, va essentiellement assurer la confidentialité du dialogue.
Se pose alors l'épineux problème de l'échange de cette clé entre les deux parties qui doit se faire de façon confidentielle et sûre. Il va falloir trouver une solution solide pour cet échange.
Il repose sur une paire de clés dont l'une est privée et l'autre publique. Ce qui est chiffré par l'une ne peut être déchiffrée que par l'autre (et réciproquement). Ce concept est récent et n'a été développé qu'à partir du XXeme siècle.
Il y a donc deux possibilités:
Le problème résiduel étant de garantir l'authenticité du propriétaire de la clé publique. Dans la pratique, il faudra faire appel à une autorité de certification (Certificat Authority) qui garantira que la clé publiquement exposée appartient bien à celui que s'en prétend propriétaire.
Il y aura une procédure à suivre, pour satisfaire à cette exigence, détaillée un peu plus loin. En attendant, considérons comme acquis ce qui suit:
Un certificat (au format de la norme X509) contient en substance:
sera fourni à qui en aura fait la demande légitime.
Tout ceci ressemblant finalement à une carte d'identité, dont le titulaire dispose de la clé privée correspondante. Il pourra ainsi chiffrer une information que tout le monde pourra déchiffrer après acquisition du certificat X509 correspondant.
Un serveur, contacté par un client λ signe un message avec sa clé privée, et diffuse dans la foulée son certificat X509. Le client λ peut alors déchiffrer le message avec la clé publique contenue dans le certificat reçu. Après avoir vérifié que ce certificat est validé par une CA, le client λ est donc certain de l'origine du message. En effet, si un indélicat a publié le certificat d'un tiers, il ne peut normalement pas disposer de la clé privée correspondant et ne pourra donc pas signer quoi que ce soit pouvant être déchiffré avec la clé publique usurpée.
Dans la pratique, le message pouvant être long, on effectue un «hachage((Opération mathématique permettant de déduire une chaîne de caractères de longueur constante, quelle que soit la taille du message, et parfaitement représentative du contenu du message. un changement si infime soit-il du message aboutissant à un hachage totalement différent.
Le message lui-même sera transmis en clair, seul son hachage sera chiffré avec la clé privée. Bien sûr, le contenu du message en clair pourrait être falsifié. Cependant, à l'arrivée chez le client ce dernier va:
Ici, Nous avons réalisé deux opérations fondamentales:
Le client ayant reçu le X509 du serveur et s'étant assuré de sa légitimité va pouvoir chiffrer un message avec la clé publique contenue dans le certificat en sachant que seul le propriétaire de la clé privée correspondante pourra le déchiffrer. Cette méthode, mise en œuvre dans le protocole SSL originel pour partager une clé symétrique, n'est plus utilisée actuellement.
Pour obtenir un certificat X509 validé (signé) par une Autorité de Certification, il faut:
Lorsque l'on navigue vers https://www.laposte.fr, le cadenas qui apparaît à gauche de l'URL permet d'obtenir des informations sur le certificat X509 que le site nous a envoyé:
Il est possible d'extraire quelques informations remarquables de ce certificat:
Validity
Not Before: Jun 9 07:46:26 2026 GMT
Not After : Dec 25 07:46:26 2026 GMT
Subject: businessCategory = Private Organization, serialNumber = 356 000 000, jurisdictionC = FR, C = FR, ST = \C3\8Ele-de-France, L = Paris, O = LA POSTE SA, CN = www.laposte.fr
Subject Alternative Name:
DNS:www.laposte.fr, DNS:www.laposte.com, DNS:api.boutique.laposte.fr, DNS:boutique.laposte.fr, DNS:boutiqueducourrier.laposte.fr, DNS:buralistes.laposte.fr, DNS:cdnstaging.lpel.net.extra.laposte.fr, DNS:m.laposte.fr, DNS:pro.boutique.laposte.fr, DNS:pro.boutiqueducourrier.laposte.fr, DNS:laposte.fr
Tous ces URL sont vérifiés par l'autorité de certification bien sûr.
Key Usage: critical
Digital Signature
Le fait d'être «critique» signifie que le client doit s'assurer d'avoir correctement compris tout le contenu du certificat avant de se servir de la clé publique contenue pour valider une signature.
Extended Key Usage:
TLS Web Server Authentication, TLS Web Client Authentication
Il y a, bien entendu, bien d'autres informations techniques, le but n'étant pas ici de décortiquer complètement un certificat X509.
Pour vérifier la validité d'un certificat, les navigateurs disposent d'une collection de certificats d'autorités de certification. Ces certificats, comme tous les X509 contiennent la clé publique de la CA, ce qui permet au client de vérifier la signature par ladite CA des certicicats correspondant. Ils ont un intervalle de validité déterminé, ce qui nécessite leur mise à jour régulière.
ca-certificates qui, lorsqu'une modification doit être faite, est lui-même placé dans la liste des mises à jour du système.
Pour être certain de ne pas rater la présence de ces mises à jour, deux solutions sont possibles:
unattended-upgradesapticron